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jeudi, 16 novembre 2017

Velib' à Châtillon : Il n'y a pas d'opposition ferme mais... Mise au point de Jean Pierre Schosteck

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Vous vous interrogez sur la position adoptée par la Ville de Châtillon quant à l’implantation du réseau Vélib’ dans notre commune. Je suis bien évidemment à l’écoute de mes concitoyens et tiens à vous apporter les éclaircissements suivants :

La Ville de Châtillon n’a pas d’opposition ferme à l’implantation de stations Vélib’ sur son territoire, même si la presse s’en est fait l’écho, ne reprenant qu’une partie de l’argumentaire qui a été présenté. Mais en l’état actuel, la Ville en effet n’a pas adhéré au dispositif car nous sommes très prudents sur ce sujet notamment en raison des incertitudes financières liées au coût de fonctionnement du Vélib’.

Il faut ici rappeler que le Vélib’, en dépit du succès qu’il remporte et que je constate, est un fardeau financier pour la Ville de Paris. Le modèle économique du Vélib’ a généré un déficit colossal. Selon le journal économique « Les Echos », le coût réel du Vélib’ pour les finances de la Ville de Paris, est évalué entre 27,5 et 30 millions d’euros par an entre 2010 et 2014 pour environ 16 millions de recettes ! Cette situation a donc conduit la Ville de Paris à passer un nouveau marché, à changer de prestataire et à adopter une nouvelle grille tarifaire à partir du 1er janvier 2018. Ainsi, la première demi-heure des Vélib’ ne sera plus gratuite.

Dans le cadre de ce nouveau marché, la Ville de Paris et la Métropole du Grand Paris ont souhaité élargir l’offre du Vélib’ et proposer aux communes d’adhérer au Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole et de déployer des stations sur leur territoire. Si la démarche est louable, et correspond en effet à une demande des usagers, les conditions financières que devront supporter les communes sont importantes. Chaque année, le coût de fonctionnement d’une station est évalué à 10 000 euros à la charge de la commune. Vous pouvez faire vous-même ce simple calcul : pour Châtillon, si l’on prend pour base du déploiement le nombre de dix stations et assurer ainsi un maillage qui pourrait satisfaire le maximum d’utilisateurs, le coût serait de 100 000 euros par an ! Une dépense de plus pour notre ville qui pâtit déjà de la baisse des dotations et des nouvelles économies que l’Etat nous demande de réaliser.

D’autres incertitudes pèsent aussi sur le déploiement du dispositif. Mon collègue Etienne Langereau, Maire de Montrouge, qui a décidé d’installer 13 stations Vélib’ sur sa commune, a interrogé récemment la Présidente du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole sur des points essentiels qui ne semblent pas tranchés. Quid d’une indemnisation des communes qui en installant des stations sur le domaine public, et en l’occurrence en obérant nécessairement des places de stationnement, subissent une perte de recettes financières ? Quid du financement des modifications ou de la réparation des stations Vélib’ dont on sait qu’elles ne sont pas à l’abri de dégradations ? Toutes ces incertitudes nous ont conduits à une position d’attente sur ce sujet car nous ne sommes pas assurés de la pérennité du financement qui nous est demandé.

Il faut également savoir que des alternatives au Vélib’ existent aujourd’hui et vont se développer dans les années qui viennent. D’ores et déjà, des applications permettent de louer un vélo en « free floating » un système qui ne demande ni de travaux de voirie ni d’investissements publics. J’ajoute également, qu’afin de répondre à la demande des usagers châtillonnais, nous allons mettre en place dès le premier trimestre 2018, un parc Véligo à proximité de la station de métro Châtillon-Montrouge afin de permettre aux cyclistes de parquer leur vélo de manière sécurisée avant d’emprunter le métro.

Vous pouvez ainsi en convenir, la politique communale est toujours une question d’équilibre entre les besoins légitimement exprimés par une partie de la population et l’intérêt général qui doit être préservé par la bonne gestion des finances communales. Il en est ainsi pour la question de l’implantation du Vélib’ à Châtillon. C’est, croyez-moi, une façon d’être à l’écoute de ses concitoyens que de ne pas dépenser à la légère le produit de leur impôt.

Je tiens cependant à vous apporter cet élément d’information supplémentaire : la question du Vélib’ n’est pas close. Nous serons attentifs à la levée des incertitudes qui planent encore sur le déploiement du dispositif et pourrons alors infléchir notre positionnement actuel.

Jean – Pierre SCHOSTECK